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Les arbres en ville, une greffe fragile

Publié dans Forêt / 16 décembre 2014

Les arbres en ville, une greffe fragile

Pas toujours simple de prendre soin des platanes et autres populus qui peuplent le Loiret. Mais les communes n’ont pas dit leur dernier mot.

C’est au pied de son arbre que Georges Brassens vivait heureux. Une philosophie que partagent bon nombre de mairies dans le Loiret : « Les arbres, c’est la vie ». « Les enlever, c’est n’importe quoi », confirme Véronique, habitante du Montargois.

Pourtant, seules sept communes du Loiret ont apposé leur signature au bas de la Charte de l’arbre, créée par l’association régionale de fleurissement (ARF) en 2012. Une huitième s’engagera demain : Montargis.

 

Un parcours botanique, le moyen de sensibiliser

Alors, entre contraintes physiques, essences plantées il y a plus de vingt ans et pas toujours dans les meilleures conditions, râleries d’administrés, les contingences liées à la circulation… que font les mairies??

Les élus d’Orléans (26.500 arbres) œuvrent pour une « ville jardins », explique Aude de Quatrebarbes, adjointe au domaine public. Leurs outils?? Une charte élaborée en interne en 2011 et leur Plan local d’urbanisme. Résultat : de nouveaux mangeurs de CO2 dans l’hyper-centre, la rue des Murlins, place du Martroi (que certains trouvent trop minérale), etc.

À Fleury-les-Aubrais (5.096 spécimens), la ville a décidé de donner une valeur monétaire à ses arbres. Un dispositif soutenu par la charte de l’ARF, dont elle est signataire. De quoi demander réparation en espèces sonnantes et trébuchantes à ceux qui, volontairement ou non, porteront atteinte aux majestueux végétaux. Dans le même esprit, Saint-Jean-de-Braye (6.500 arbres) est en train d’élaborer son propre barème. Sont pris en compte, l’espèce, la circonférence, l’état sanitaire, l’emplacement de l’outragé… L’arbre de l’école Jules-Ferry que « les anciens ont toujours connu », confie Bernard Chevalier, responsable du cadre de vie à Fleury, est évalué à 6.534 €.

Le volet répressif n’est pas la seule option retenue. Outre les bornes d’information installées tout à côté des troncs fleuryssois, un parcours botanique a été créé. L’occasion d’en savoir plus sur les essences croisées au quotidien. Les geeks naturophiles pourront étancher leur soif de connaissances sur ville-fleurylesaubrais.fr.

Du côté d’Olivet (11.000 arbres), Fabienne d’Illiers, adjointe chargée du cadre de vie, en fait sa fierté : « Hugues Saury, le maire, a la réputation de refuser les demandes d’abattage. Il faut lui démontrer que cela est utile. » D’ailleurs, la protection des feuillus et conifères fait aussi partie du Plan local d’urbanisme. « Les textes de loi vont dans le sens d’une densité urbaine. Il est, donc, primordial d’avoir des outils afin de garder des espaces verts », rappelle l’élue.

« En toute liberté »

Raison pour laquelle Carole Butor, adjointe au développement durable de Montargis (5.000 arbres), insiste sur la nécessité de « replanter les arbres abattus ». En terre abraysienne, Rémi Poignat, chargé de mission développement durable, et Jean-Pierre Orange, responsable espaces verts, apportent une nuance : « Le maître-mot est de planter le bon spécimen au bon endroit. » Du bon sens qui ne coûte rien. Et de quoi laisser l’arbre s’épanouir « en toute liberté ». Finies, les fosses de plantation trop exiguës. Finis, les arbres tous les 5 mètres, ainsi placés en concurrence. Saint-de-Braye n’a, certes, pas signé la charte de l’ARF, mais s’en est inspiré, avec deux autres chartes, dans son plan 2012 « Ville jardin, ville durable ».

Place des Halles, à Pithiviers (3.200 spécimens), les habitants devront faire montre de patience avant de voir de nouvelles essences. « Pas facile de concilier aménagement urbain et arbre. Nous laissons dépérir les sujets malades en attendant de savoir si un projet verra le jour », confie Sébastien Pivet, responsable des espaces verts. L’ARF milite, elle, pour que les arbres aient droit de cité. n

 

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Une charte, des engagements

Dans « 40 ou 50 ans, les générations futures seront bien heureuses de trouver un peu d’ombre », souligne Roland-Marie Marceron, président de l’Association régionale de fleurissement. Les villes signant la charte élaborée par sa structure s’engagent à « respecter et faire respecter les arbres existants, en veillant en particulier à leur protection sur les chantiers, à inclure dans leur Plan local d’urbanisme des règles de protection des arbres, à renouer le dialogue avec les concessionnaires des réseaux (EDF, GDF...), à développer le patrimoine arboré, à assurer un entretien et un suivi de ce patrimoine et à communiquer sur la thématique de l’arbre par le biais de conférences, d’animations », détaille le président. Ce n’est pas tout. Les arbres remplissent une « fonction sociale », rappelle Franck Fradin, adjoint en charge, entre autres, des espaces verts à Saint-Jean-de-Braye. Et de mettre en évidence que « sur les places, en été, les conversations animées se tiennent souvent à l’ombre d’imposantes branches. » Ils servent aussi « d’abri à la faune qu’ils protègent », précise Roland-Marie Marceron. Malgré tout, certains spécimens ne font pas le poids face à « l’élargissement d’une avenue », par exemple. « Dans 50 % des cas, les arbres sont abattus parce qu’ils gênent une construction. Les travaux de voirie sont invoqués dans 40 % des cas. Et les 10 % restant ont pour origine des maladies », explique Roland-Marie Marceron.

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