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Où en sont les projets de carbone forestier ?

Publié dans Forêt / 5 juin 2019

Où en sont les projets de carbone forestier ?

La publication du label Bas-Carbone permet de valoriser le rôle des forêts dans un contexte de changement climatique, de donner une nouvelle dynamique à la gestion des forêts privées ou encore de canaliser de nouveaux financements. Comment fonctionne ce label et que peut-il apporter aux forestiers et aux entreprises qui souhaitent compenser leurs émissions de CO2 ?

Le carbone est un sujet d’avenir pour la filière forêt-bois, avec les « 5 S » :

  • séquestration du CO2 par les forêts ;
  • stockage du carbone dans les sols forestiers ;
  • stockage du carbone dans les produits bois transformés ;
  • substitution à des énergies non renouvelables ;
  • substitution à des matériaux énergivores.

C’est en promouvant la chaîne de la sylviculture jusqu’à l’utilisation finale du bois, que le cercle devient vertueux. Au total, la forêt française capte actuellement 88 millions de tonnes de CO2 par an, soit environ 15 % du CO2 atmosphérique. L’utilisation du bois permet d’éviter les émissions de 42 Mt CO2 par an, alors que les émissions nationales sont de 458 Mt CO2 par an (source émissions : Citepa, 2017). Le secteur est donc un secteur d’activité majeur dans la politique d’atténuation du changement climatique.

Le carbone permet de valoriser les services forestiers, sur lesquels peuvent se greffer d’autres co-bénéfices, comme la biodiversité, la qualité de l’eau, la lutte contre les inondations ou l’érosion, qui aujourd’hui ne sont pas rémunérés, mais qui montrent leur utilité, d’autant plus avec les récentes catastrophes climatiques.

Le carbone peut établir des liens positifs entre la société civile, les entreprises et les sylviculteurs. L’image positive de la forêt est ainsi valorisée. Sa gestion vient atténuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) ; la récolte de bois permet de continuer à stocker le carbone et même d’éviter de nouvelles émissions de carbone fossile. Il peut devenir un vecteur de communication positive sur la sylviculture.

Le carbone donne une base pour financer le renouvellement des forêts et leur adaptation au changement climatique, avec de l’argent privé, là où l’argent public se fait de plus en plus rare.

Changement climatique et forêt : concilier l’adaptation et l’atténuation

Aujourd’hui, après plusieurs projets et collaborations scientifiques, le label Bas-Carbone est validé et publié par le ministère de la Transition écologique et solidaire. Ce référentiel de quantification de la séquestration additionnelle de carbone apporte un cadre juridique et technique aux entreprises, collectivités et forestiers, pour construire des projets carbone en forêt se référant à des méthodes agréées et annexées au label. Ce label Bas-Carbone s’impose comme la seule référence.

Le projet Voluntary carbon land certification (Vocal) ou certification carbone volontaire a permis au Cente national de la propriété forestière (CNPF), avec I4CE, soit l’Institute for Climate Economics, et le groupement d’intérêt public GIP Massif central, de concevoir et valider les méthodes de calcul du stockage du carbone en forêt et dans les produits forestiers, et  aussi d’expérimenter sur le terrain, en vraie grandeur, l’ingénierie des projets carbone forestiers. La Poste reste un partenaire « industriel » du CNPF, qui investit en forêt en sus de la compensation volontaire de ses émissions de GES. Des entreprises se disent intéressées par la compensation volontaire en forêt, avec les garanties qu’offre le label.

L’enjeu pour les forestiers est de concilier l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de celui-ci. La prise en compte du carbone aide à construire une ingénierie sur la base de quelques principes :

  • récolter du bois d’œuvre prolonge le stockage du carbone dans le bois et évite des émissions de carbone fossile ;
  • nouer des contractualisations entre entreprises et forestiers favorise la gestion et le renouvellement de la forêt, en aidant les sylviculteurs, en vue d’adapter les essences et la sylviculture aux changements qui s’annoncent, et ainsi accroître le stockage en forêt ;
  • mettre au point des sylvicultures qui réduisent les risques et les impacts sur les écosystèmes ;
  • développer le concept de sylviculture de précision, avec des outils de diagnostics efficients.

 

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Source : CNPF-IDF et Forestopic

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