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Pourquoi il faut construire avec de l'épicéa scolyté

Publié dans Construire / 21 novembre 2019

Pourquoi il faut construire avec de l'épicéa scolyté

En cette seconde année de propagation européenne des scolytes, le volume français d’épicéas scolytés devrait s’élever, comme prévu, à la moitié du volume de récolte annuel dans cette essence clé de la construction bois, soit 3 à 4 millions de m3.

Le scolyte ? Il s’agit d’un petit coléoptère, de la famille des Curculionidae qui se nourrit du bois tendre situé sous l’écorce des arbres. Et cet insecte xylophage peut créer des dommages importants.

Sapin et épicéa confondus, la récolte annuelle totale tourne autour de 6,5 millions de m3. Tous les épicéas français ne sont pas utilisés par la construction. Le groupe toujours indifférencié des sapins et épicéas distingue 12 indices selon 3 catégories et 2 régions (Centre-Est et Nord-Est) ; catégorie 1 : classes B et C (qualité charpente grande longueur) ; catégorie 2 : classe D (qualité charpente, débit canter) ; catégorie 3 : classe D (qualité emballage/palette tous débits).

Concurrence des sciages de l’Europe de l’Est et du Nord

En construction bois, l’épicéa français fait face à la concurrence de sciages allemands, autrichiens, scandinaves et baltiques, appréciés par les transformateurs. Par exemple, les machines de taille à commande numérique invitent à utiliser des barres de 13 mètres de long reconstituées à partir de lamelles sèches et dont la performance mécanique est calibrée.

Difficile d’évaluer la part des épicéas français qui atteignent le monde de la construction dans cet état. Elle est sans doute en augmentation mais reste faible. Cependant, on peut aussi utiliser l’épicéa non contrecollé et parfois même peu séché pour des éléments d’ossature, des bardages, des liteaux, voliges et toutes sortes d’applications dans la construction.

Comme ailleurs en Europe, l’épicéa est la vache à lait de la construction bois. Depuis la dernière guerre, on l’a planté massivement en monoculture et comme il s’agit de cultures rentables, on n’a pas hésité à étendre ces plantations à des zones où l’épicéa n’est pas vraiment à l’aise, comme les plaines.

Une victime des tempêtes, des sécheresses… et des scolytes !

Ses racines peu profondes en font une victime désignée des tempêtes, mais aussi des sécheresses. L’une et l’autre calamité entraînent souvent une prolifération de scolytes, qui affectent aussi d’autres essences résineuses comme le pin maritime après la tempête de 2009.

Depuis 2018, suite à une série de tempêtes qui ont dévasté l’Europe Centrale, le scolyte sévit un peu partout et également dans l’Est de la France, en région Grand Est, en Bourgogne Franche-Comté et désormais également en AURA.

La dernière grande épidémie française a suivi la grande canicule de 2003. La première année, le bois attaqué était évalué à 1 millions de m3, la seconde année à 2, la troisième à 3. Puis le scolyte décline lentement dans la mesure où sa prolifération suscite le développement proportionnel de prédateurs.

Dépôt de grumes de résineux écorcés en forêt de Saint-Quirin© Christian Pocachard/ONF

Des propriétés mécaniques conservées malgré le scolyte

Sur la base de cette progression arithmétique, la crise actuelle devrait également s’étager principalement sur trois ans. Avec 1,1 million de m3 attaqués recensés pour 2018, la prolifération a cependant pris une tournure plus dramatique puisque les estimations pour 2019 sont de l’ordre de 3 à 4 millions de m3 alors que les dégâts devraient se poursuivre et s’intensifier en 2020.

Heureusement que le gouvernement brésilien n’en a cure car il lui serait facile d’en tirer argument pour suggérer au Président Macron de s’occuper de ses propres forêts. Ce qui est d’autant plus vrai qu’en l’état, les épicéas attaqués risquent de finir soit dans des conteneurs à destination de la Chine ou d’autres pays d’Asie, soit en fumée.

Alors que les études menées partout en Europe attestent que l’épicéa attaqué ne perd pas ses propriétés mécaniques dès lors qu’il est transformé assez rapidement, le bois attaqué voit sa valeur chuter sur le marché à cause des traces bleues qui apparaissent sur ce bois.

 

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