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Rémunérer le carbone forestier par le marché volontaire

Publié dans S'informer / 6 décembre 2019

Rémunérer le carbone forestier par le marché volontaire

Dans le cadre du Label Bas Carbone, entreprises privées et collectivités, soucieuses de réduire leur impact environnemental, pourront financer des sylvicultures favorisant la séquestration du carbone et évitant les émissions de CO2. Soutenu financièrement par France Bois Forêt, ce programme de rémunération du carbone forestier par le marché volontaire entre en phase opérationnelle. Décryptage.

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« Il faut situer le contexte. On parle de valorisation des fonctions environnementales de la forêt, notamment en terme de lutte contre le changement climatique.
Réduire la quantité de carbone dans l’atmosphère est un enjeu capital. Aujourd’hui, la prise de conscience a eu lieu, et un certain nombre d’actions ont été engagées.
Le ministère de la Transition écologique et solidaire a annoncé, en avril 2019, la mise en place du Label Bas Carbone – résultat de dix années de travail des organismes forestiers au sein du Club Carbone-Forêt-Bois (voir encadré) animé par I4CE (Association de recherche et d’action contre le changement climatique de la Caisse des dépôts, voir encadré).
La difficulté était de s’assurer que les contraintes liées aux conventions internationales puissent s’appliquer concrètement en forêt avec un réel impact », explique Éric Toppan, adjoint au directeur de Fransylva (Fédération des forestiers privés de France), copilote du dispositif avec le Centre national de la propriété forestière (CNPF) et I4CE.
Ce dispositif vient dans la continuité du programme Carbofop* soutenu par France Bois Forêt, entre 2012 et 2015. « Lequel a permis de faire émerger ce marché », ajoute Éric Toppan. En outre, il s’appuie sur les trois méthodologies forestières développées par le CNPF dans le cadre du projet Vocal (Voluntary Carbon Label, ou Certification carbone volontaire) : boisement ; reconstitution des peuplements forestiers dégradés ; conversion de taillis en futaies sur souche.

 

Favoriser un engagement volontaire

Aujourd’hui, l’objectif est de rendre ce programme rapidement opérationnel, là encore, avec le soutien de FBF, en permettant aux propriétaires forestiers de s’engager volontairement dans des travaux à même de séquestrer du carbone. Le CNPF, principal concepteur de ce programme, a développé des modèles pour calculer cette séquestration sur les trente ans du projet. « C’est un outil assez puissant conçu à partir des connaissances scientifiques sur les itinéraires sylvicoles, c’est-à-dire la croissance des arbres en fonction du contexte, du climat, de la station et autres paramètres. » Le résultat en tonne de carbone obtenu est minoré en fonction d’un certain nombre de facteurs de risque et de problématiques (tempêtes, destruction par le gibier…). « Prédire l’avenir sur trente ans n’est pas simple, d’où cette prudence : il s’agit d’éviter de vendre des tonnes qui ne seraient pas réellement séquestrées dans le futur. » Le propriétaire, candidat volon­taire, une fois son projet conçu, peut déposer un dossier pour en demander la labellisation, lequel sera étudié par le ministère de l’Environnement. Sa demande validée, il peut ensuite prévendre aux entreprises intéressées les tonnes de carbone labellisées.
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À noter, ce marché étant non régle­menté, le prix de la tonne de carbone sera défini en fonction du projet. Sur le marché coté du carbone, la base Euronext (principale place boursière de la zone euro), la cotation est réévaluée quotidiennement. Celle-ci, très basse il y a quatre ou cinq ans, a, enjeux climatiques obligent, significativement augmenté (25 euros la tonne). « Pour exemple, un projet de boisement sur une terre nue qui part de zéro et arrive au bout de trente ans à 100-150?m3 de bois, soit autant en tonnes de CO2, représente, vu la cotation actuelle, un financement potentiel de l’ordre de 2?500 euros. » Financement que le propriétaire reçoit en début du projet, ce qui va couvrir une bonne partie de l’investissement initial. « Il y a une fonction incitative, d’autant qu’il n’existe pratiquement plus d’aides publiques. Le propriétaire forestier souhaitant réinvestir en forêt est un peu seul, qui plus est dans un contexte incertain en raison des aléas clima­tiques, des maladies**, etc. » En outre, « le retour sur investissement ne se fera pas de son vivant : la forêt, c’est un demi-siècle, un siècle, et même bien plus ! Ainsi, la vente anticipée de ce carbone provenant de forêts labellisées est une opportunité pour les forestiers et l’ensemble de la filière ». Un programme d’autant plus important que la baisse des renouvellements depuis vingt ans est préoccupante : 75 millions de plants, dont 45 millions pour le reboisement de la forêt des Landes après la tempête de 2009, contre 120 millions à la fin des années 90, soit quatre fois moins hors reconstitution…
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* Programme d’expertise sur la séquestration de carbone par les forêts, mené par Fransylva (Forestiers privés de France), CNPF-IDF (Institut pour le développement forestier du Centre national de la propriété forestière) et l’ONF (Office national des forêts).
SOURCE: FRANCE BOIS FORET

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